Justice fiscale- les principes

La politique fiscale de « l’Etat Juste » consiste à traduire dans des dispositifs fiscaux des principes moraux simples et de bon sens, dont certains constituent les fondamentaux reconnus de la science économique. Ces principes sont les suivants :

 

1-Les inégalités sociales ne génèrent pas spontanément de « ruissellement » de l’argent des riches vers les moins riches ; les profits d’aujourd’hui ne sont pas les emplois de demain, sans intervention de l’Etat du moins. Pour vivre bien ou mieux, il n’est donc pas possible pour les ménages français de continuer à transférer une partie de leurs revenus à l’élite économique (via des hausses d’impôts pour les uns, et des baisses pour les autres). Une partie de cette élite, désignée ailleurs dans ce site sous le terme « les Grands Profiteurs du Système », reçoit directement ou gère la richesse collective créée grâce à notre travail, et ne la fait pas fructifier pour l’économie française.

 

2-Le travail est incontournable : il n’est pas possible de gagner plus d’argent ou d’en dépenser plus que ce qu’on produit par le fruit de nos efforts, par notre travail et son efficacité.

Ainsi, un pays ne doit pas s’endetter plus qu’il ne crée de richesse, c’est-à-dire que la hausse de son endettement doit rester inférieure à la croissance du PIB (produit intérieur brut : somme des valeurs ajoutées des biens et services produits sur le sol national). Sinon il entre dans une spirale de surendettement.

Gagner ce que nous méritons par notre travail signifie aussi produire autant que nous consommons. Cela signifie être en capacité de couvrir nos propres besoins et rechercher ainsi une balance commerciale non déficitaire. Cela permet de rester indépendants à l’égard des autres pays, et aussi parce qu’un déficit du commerce extérieur fait perdre de la valeur à une monnaie (le cas des américains est différent en raison de la puissance conférée par le dollar, principale monnaie d’échange internationale).

De plus, pour pouvoir acheter des biens, il ne faut pas créer trop de monnaie par rapport aux richesses nationales produites, car cela génère de l’inflation, c’est-à-dire une hausse des prix ou une perte de la valeur de notre monnaie. Pas question donc de dépenser plus d’argent que notre travail ne permet de le faire.

Enfin, l’inflation survient également lorsque les salaires augmentent plus vite que la productivité du travail, c’est-à-dire plus vite que la performance de notre économie.

 

3-Nous sommes tous dépendants les uns des autres et par conséquent l’argent est un flux : il passe toujours d’une poche à une autre. C’est pourquoi, dès qu’un gouvernement propose une mesure pour augmenter le revenu d’agents économiques, il faut se demander qui en contrepartie va voir son revenu baisser, si cela est juste, et si c’est supportable pour les agents concernés. Il faut aussi se demander quelle sera la contribution de la mesure proposée à l’augmentation générale des richesses, c’est-à-dire à la croissance du PIB.

Il faut ainsi penser par exemple que, lorsque le revenu des ménages augmente, 84% de la hausse de revenu en moyenne sera dépensée pour la consommation, mais beaucoup moins en pourcentage de leur revenu pour les ménages aisés ; dans ces dépenses de consommation, les importations représentent un tiers en moyenne des dépenses. Le reste du revenu est épargné, et l’épargne se décompose en épargne immobilière (la part la plus importante pour les ménages moyens) et en épargne financière, beaucoup plus importante en revanche pour les ménages fortunés. Or, aujourd’hui, en moyenne, près de la moitié de l’épargne financière sert à financer des investissements à l’étranger, et la fuite d’épargne croît avec le revenu des épargnants. Conclusion : lorsqu’on verse du revenu aux ménages fortunés, cela sert la croissance économique des pays étrangers, pas la nôtre.

 

Ces principes moraux aboutissent à promouvoir une politique fiscale comme instrument des objectifs suivants :

 

1-Rendre aux ménages Français et au financement des services publics l’argent qui a été distribué à des entreprises et contribuables fortunés, qui ne s’en sont pas servis pour le bien du pays, c’est-à-dire l’argent des Grands Profiteurs du Système.

Pour les services publics, leur dégradation est tellement avancée qu’il est proposé de répondre à l’urgence du financement de leur restauration par un grand emprunt national auprès des Français. Cela correspond à une hausse de la dette publique, mais une dette qui nourrit le revenu des Français donc la croissance du PIB, comme tout investissement public. Des mesure sont prises par ailleurs pour éviter que cet emprunt auprès d’épargnants ne se substitue à l’épargne finançant les entreprises françaises par un effet d’éviction.

 

2-Financer l’économie utile, c’est-à-dire les entreprises qui investissent et embauchent en France, se comportent de manière responsable, exercent des activités à forte utilité sociale et environnementale, ce qui correspond au concept de civisme économique défendu sur ce site.

 

3-Forger notre indépendance face aux autres pays : la souveraineté nationale est non seulement le seul moyen de défendre nos intérêts dans la guerre économique mondiale, mais elle est aussi la clé pour décider de notre politique d’immigration face aux pays d’émigration et d’exportation de matières premières. En clair, nos gouvernants auraient sans doute moins ouvert nos frontières aux ressortissants des pays arabes si nous avions été moins dépendants pour l’approvisionnement de nos matières premières, pétrole et gaz en priorité. L’autonomie énergétique, l’autonomie sur les autres matières premières, et en particulier les terres rares, métaux composants des produits de haute technologie, fournis aujourd’hui essentiellement par la Chine, ainsi que la souveraineté alimentaire, doivent devenir de réelles priorités politiques. Des priorités qui se traduisent par le développement du recyclage et la mise en œuvre réelle, au lieu des simples discours, de la transition énergétique, quoiqu’on pense par ailleurs des prévisions alarmistes du groupe d’experts mondiaux étudiant l’évolution du climat.

 

Tous ces principes et objectifs correspond à la formation d’un cercle économique vertueux, où la fiscalité décidée par l’Etat joue un rôle moteur, pour permettre à l’économie nationale de tourner en circuit fermé : l’épargne des Français financent les investissements d’entreprises produisant en France destinés à augmenter leur compétitivité pour que le consommateur ou d’autres entreprises achètent leurs produits ; la fiscalité pénalise les entreprises qui profitent de la concurrence sociale, fiscale et environnementale déloyale et cherchent à maximiser leur profits au détriment des salariés et surtout du développement à long terme de leur entreprise.