Maîtriser l’ouverture de nos frontières économiques

Les partis politiques français proposent aujourd’hui 3 voies pour faire face à la mondialisation économique : l’adaptation de la politique économique de la France à la mondialisation, le refus de toute ouverture des frontières, la proposition à l’échelle mondiale d’un altermondialisme ou d’une démondialisation. Or, aucune de ces solutions n’est réaliste car elles méconnaissent toutes les contraintes qui sont imposées à la France dans le cadre de ses relations internationales.

Le défi pour la France consiste à n’ouvrir ses frontières que dans les limites posées par la sauvegarde de sa souveraineté économique.

Ce principe repose sur les 3 axes suivants :

-      Produire davantage ce que nous consommons. Cela est nécessaire pour conserver notre indépendance à l’égard du reste du monde.

-      Savoir défendre nos intérêts lorsqu’ils sont lésés par des pratiques commerciales déloyales, et protéger les secteurs stratégiques pour l’économie nationale

-      Négocier avec nos partenaires commerciaux un protectionnisme « coopératif » : c’est-à-dire négocier la protection de nos marchés « en  échange » de notre coopération pour le développement de la consommation intérieure dans les pays à bas coût de main d’œuvre, et le respect des normes sociales et environnementales par les produits qu’ils fabriquent

 

La France doit bien sûr continuer à inscrire son action dans le cadre des négociations internationales. Mais elle doit aussi pouvoir prendre, seule s’il le faut, des mesures destinées à protéger sa souveraineté économique, au lieu de devoir comme aujourd’hui espérer des consensus internationaux et européens qui n’arrivent jamais et condamnent son Etat à l’impuissance politique.

 

Cette souveraineté est aujourd’hui interdite à cause de la législation européenne, qui régit notamment les relations économiques de la France avec les pays tiers à l’Union européenne (échanges de marchandises et de services, aspects commerciaux de la propriété intellectuelle, Investissements Directs Etrangers).

Cette logique est rattachée à la Politique Commerciale Commune (PCC) de l’Union qui, en droit et en pratique, obéit à des principes totalement différents des axes pour la souveraineté économique définis plus haut. Avec la PCC, des mesures essentielles pour un rééquilibrage des rapports économiques internationaux sont impossibles.

 

De plus, l’Union européenne ne sait pas appliquer efficacement le principe de réciprocité dans les échanges commerciaux, et subit sans riposter des pratiques commerciales déloyales.

 

La PCC s’est au final révélée tellement inefficace et coûteuse pour la France qu’on peut regretter que l’Union européenne n’ait pas été une simple zone de libre-échange (ZLE). Dans une ZLE en effet, les pays participant à la ZLE conservent la maîtrise de leur politique tarifaire vis-à-vis des pays tiers, et n’abolissent les barrières douanières de toute nature qu’à l’intérieur de la ZLE.

 

La France pourrait retrouver sa souveraineté sur sa politique commerciale en sortant de l’Union européenne, mais en conservant les indispensables liens économiques étroits qu’elle possède avec ses voisins européens. Pour opérer cette sortie, qui constitue un bouleversement politique, la France doit s’appuyer sur le civisme économique de sa population (consommation et épargne Made in France) pour restaurer sa puissance économique et donc réduire sa vulnérabilité aux pressions des autres Etats et des marchés financiers.

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