Une conception de la richesse centrée sur la qualité de la vie

La croissance du Produit Intérieur Brut est nécessaire au développement d’une société, sans que les deux notions, croissance et développement, ne soient pour autant synonymes. Les responsables politiques sont pourtant obnubilés par la recherche de la croissance devenue une fin en soi, au lieu seulement d’un moyen de créer de l’emploi et garantir une bonne qualité de vie à la population. Les politiques économiques visent alors à créer un environnement économique général favorable à la croissance (par les baisses de cotisations sociales patronales par exemple), ou à favoriser les activités supposées générer de forts gains de productivité : l’efficacité productive permet de générer du profit, qui peut être réinvesti pour augmenter la production, par le cercle vertueux de l’accumulation de capital. Pourtant, l’échec des politiques de maximisation de la croissance, leurs externalités négatives (dégradation de l’environnement, concentration de l’activité dans des métropoles surpeuplées, offre de produits peu chers mais superflus alors que le coût de la satisfaction de besoins essentiels comme le logement augmentent, etc…), incitent à changer de priorités de politiques économiques.

Ce changement de priorité consiste à procéder à un rééquilibrage entre l’économie mondialisée et l’économie de proximité au profit de cette dernière. Dans l’économie de proximité sont incluses essentiellement les activités résidentielles, c’est-à-dire produites pour la population et les touristes du territoire sur lesquels elles sont implantées (agriculture, marchés, commerces de proximités, services à la personne, artisanat, hôtellerie-restauration, entretien de l’habitat, etc…).

En plus des aides ciblées à ces secteurs économiques, il est encore plus important que les politiques publiques visent à faire baisser les coûts de la satisfaction des besoins essentiels (alimentation de qualité et respectueuse de l’environnement, logement et charges liées, transport, santé). Ces coûts représentent une part importante des dépenses pré-engagées, c’est-à-dire contraintes, des ménages, qui représentent environ 30% de leur consommation.

Bien sûr, les activités citées plus haut génèrent de faibles gains de productivité et donc moins de croissance économique et de revenu national. Mais d’une part, elles permettent de baisser le coût de la vie, ce qui revient au même qu’une augmentation de revenu ; d’autre part, leur développement ne s’effectuerait pas forcément en diminuant les aides publiques aux activités industrielles à forte valeur ajoutée. En effet, le civisme économique, c’est-à-dire l’achat de produits majoritairement fabriqués en France et le placement de l’épargne dans des entreprises françaises, est la proposition essentielle du mouvement. En retenant la richesse qui aujourd’hui part vers les pays tiers, le civisme économique empêche la concurrence entre les politiques de relance de l’offre des entreprises, et celles de relance de la consommation des ménages.

 

Enfin, même si le contexte actuel de grave crise économique n’est pas propice aux progrès sociaux, l’affirmation des principes de la souveraineté durable conduit à privilégier la réaffectation des gains de productivité dans la baisse de la durée du travail comme moyen de créer des emplois. La crise pousse surtout à plaider pour une application plus répandue du chômage partiel pour contenir les suppressions d’emplois. Mais dans un autre contexte, il serait souhaitable d’instaurer un droit à un congé sabbatique au cours de la carrière, dans l’idéal un an tous les dix ans, pour mener un projet citoyen ou entamer une reconversion professionnelle.

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